profilo minore – 25.0-25.1

Profilo minore, a cura di Andrea Cortellessa, Nino Aragno, Torino 2021, ISBN 978-8893801331 • buy: amazon.it • libreria universitaria • IBS • listen: podcast • watch: YouTube • download poem

# 25.0
 
esita, sopra una riga d’erba
frena lo scatto, la lepre
irta nella neve s’invischia

contro il silenzio punta
le zampe, balza oltre
l’ultima frangia del prato

vedi
l’impronta profonda
e l’altra che manca



# 25.1

nevica sul punto fermo
alla curva del muro

si fa silenzio sul nervo
della memoria

l’ultima impronta
biforca la riga davanti,
esatta, ghiacciata

un’altra esita
poco più indietro

una porta chiusa
una aperta

i passi
che vanno verso
vengono da

La sconsacrata cena (lùmina, 13)

dia il boccone al prete,
calcoli due dita sollevandolo
dal piatto: tolto lo spessore
della carne aperta dal coltello,
scissa all’ano ad arte smista ossa
cotte, tendini, rovista malebolge
e visceri cauterizzando l’anima
dagli inferi con la sua lingua grassa,
che copula schioccando sul palato,
schiumando la saliva, d’appetito
tutto adocchia, intinge al trito
e trivialmente smembra scarti
transustanziando per bocconi
il sugo, riconsacrando il sangue
a vino

Archivio apocalittico, farsesco ecc., extended lùmina critical edition, LN 2017, ISBN 978-0244939878 [It]
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profilo minore – 24.0-24.1

Profilo minore, a cura di Andrea Cortellessa, Nino Aragno, Torino 2021, ISBN 978-8893801331 • buy: amazon.it • libreria universitaria • IBS • listen: podcast • watch: YouTube • download poem

# 24.0
 
di contrappunto, sotto le dita,
l’attrito del foglio dà forma
a un suono, dove il rumore si ferma

senza più spinta, le membra
a un tratto legate, per gravità,
sotto il controllo del proprio peso



# 24.1

parla rumore di vento
sfrangiando le fronde
dei rami, le punte,
le gemme che mangia

molte parole già dette
e, più si ripete, non dice
più sibilante

Biophysique Asémique – 11 paragraphes typographiques

Biophysique Asémique, LN 2021, ISBN 979-8768454739 [Asemic-Concrete-Fr]
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[1] On dit souvent que les conditions pour la genèse des mots vivants et l’évolution de l’écriture sont à considérer en tant qu’une partie de l’évolution de l’univers. L’établissement d’un code a posé le problème du développement de la vie et de l’écriture. Le code asémique a un sens biophysique et moléculaire. La structure primaire d’un mot est codée génétiquement.

[2] L’écriture est une sorte d’usine. L’univers est sa première et dernière demeure. L’atmosphère contemporaine de la Terre renferme une grande quantité de molécules et de mots. On n’a pas encore la possibilité de créer expérimentalement un système d’écriture vivant, mais l’écriture est presque une qualité.

[3] Le problème principal est celui de la formation d’une structure ordonnée à partir du chaos initial : c’est le problème de la création d’information. L’apparition d’un ordre et son maintien sont possibles dans un système ouvert se trouvant loin de l’équilibre. Les critères d’adaptation sont tout à fait objectifs. Ils sont déterminés par les conditions du milieu. Il est difficile d’imaginer une auto-organisation fortuite du chaos avec déclenchement d’une évolution irréversible.

[4] Le jeu de promenade désordonnée simule le comportement intermédiaire entre le stable et l’instable. L’information créée dans la moindre cellule du corps, à force de chercher des traces, reste dans le système, soumise aux mystères du mouvement des mots.

[5] L’écriture consiste en accroissement de l’indépendance du mot par rapport à son entourage et de telle manière que l’écrit naisse naturellement. Les mutations se produisent soit de façon spontanée, soit sous l’effet de facteurs extérieurs. On peut voir diminuer le volume de l’information disponible. Le principe fondamental peut bien être non pas celui de l’accroissement de la complexité, mais celui de l’accroissement de l’irremplaçabilité de l’information d’un mot à l’autre, dans le développement.

[6] La réception du message suppose l’étude de l’acte même de la réception en tant que processus irréversible et déséquilibré de transition du système récepteur d’un état moins stable à un état plus stable. L’espace des phases d’un système comporte des régions stables et instables, des bois avec des choses très claires en plein jour. Ces dernières sont traversées par des séparatrices. Aux régions stables correspond l’information, aux instables, l’entropie.

[7] L’univers entier, la Terre, la biosphère, l’homme dans son activité créatrice sont autant de systèmes créant de l’information et qui tournent d’une façon plus ou moins rapide. À la limite du son pur, l’écriture file entre les mots, qui sont les plus gros fragments, les feuilles de l’arbre de l’écriture. Chaque feuille signifie certainement quelque chose.

[8] La formation des espèces et des mots qui se réalise par divergence, par désir de perception nette, implique la création d’information nouvelle. C’est alors que le mot se présente face à une chose, comme une goutte d’encre face à une feuille.

[9] La question posée concerne l’étude expérimentale et théorique. L’écriture est un geste simple qui se répète mot par mot. D’abord les mots se dirigent en quelque sens. L’éclairage rend la membrane plus perméable : elle retient la matière dissoute et de nombreux blocs plus petits moins efficacement que la membrane adaptée à l’obscurité. La traduction du texte polynucléotidique des ADN et des ARNm en texte poétique s’effectue dans des chaînes obscures polyribonucléotidiques. Le texte fait leur perfection. Il est sensible au moindre changement de l’écriture et a des effets en dehors de cette action.

[10] Dans le silence qui entoure les cellules et les mots, chaque mot est une petite chose. Il existe une analogie poussée entre le mouvement brownien d’une particule et le mouvement d’un mot. La chaîne de l’écriture est une naissance irrémédiable, une reproduction à des millions d’exemplaires par seconde.

[11] Le mot entre et sort de lui-même à l’intersection de l’écriture pour la définir. Le mot pressé de vivre est composé de sous-unités qui ne se séparent, lorsqu’on diminue la concentration en encre. Le mot est observable à l’aide d’un microscope électronique sous l’aspect de gouttes d’encre, de granules arrondis.

profilo minore – V

Profilo minore, a cura di Andrea Cortellessa, Nino Aragno, Torino 2021, ISBN 978-8893801331 • buy: amazon.it • libreria universitaria • IBS • listen: podcast • watch: YouTube • download poem

# V
 
stacca, parola,
il nome ai vivi,
dei morti non
rimanga nulla
andandosene l’ombra,
rimessi schiena
a schiena a non
lasciare spazi,
accumulino sé
per ossa nella terra


ripeti, sì, riprendi
pelle alla corteccia
e vertebra alla pietra
e sàtura varici all’erba
trita e ritraduci strenua
nei movimenti rigidi
del bosco i nervi,
alterna i muscoli
alle foglie e i rami
agli arti stesi uniti
fossili nel sonno



scava, per fame di silenzio,
il solco intorno alle radici
rugose e calcinate ai muschi,
perimetra le cose nelle dita,
afferra, affèrrati dai bordi
a ogni cavità di terra,
sporgi, dirada la forbita
foga delle voci, le nubi
dei rumori che coprono
brusio di sciami



accòrdati nel freddo
a questa opaca, querula
memoria che trasuda
senza requie e sàtura
loquace lo spessore
dei discorsi, addestra
alla misura infinitesima
il pensiero e per difetto
accoglilo nel nulla


                               dài
prima fiato, voce poi
e spinta a che ritorni
sempre al mondo,
traspari più lucente,
più trafiggi cose arse
più ti chiedono del fuoco



(ora segno si sussegue a segno)


ma tu addentrati,
chiamata a nome dell’addio,
nell’incuria delle brine,
nei grumi aridi del freddo,
nelle radure rase a zero,
nella cattiva erba annuncia
il nero del giorno e scuoti
i pullulanti assalti d’api
ai fiori, le linee e i punti
convergenti sulla fine



nel lungo, estenuante elenco
scaccia in ogni luogo
il suono in ogni cosa
il nome inutile morente
penultimo morso prima
della fine

profilo minore – 14.0-14.1

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# 14.0
 
vivi, in una terra dura
disfacendosi nell’erba,
scricchiolanti arbusti
fessi alla radice, selva
d’abachi sbilenchi,
sillabano i venti

affiorano reperti
sterminati silenzi
attendono la fine
del discorso, la gemma
nascosta agli alfabeti

*

se taci, risuonano a scatti
sfregandosi i rami tra loro
in questa riga di paesaggio
agitata a rumore
sempre percossi, premuti,
crepati, sibili o fischi

ancora su questa altra morte,
nei solchi vuoti

calco dell’ultima lettera
spuntata, non detta



# 14.1

se taci, vibra precisa
la sola rimasta viva
parola a margine del mondo,
non pronunciata si affina
a riga incerta del vero,
frammista alla calca
di tutti i frammenti,
inscritta nell’andirivieni
di strofe, di smorfie, se taci
la scopri – sussurra
nel fiato ai discorsi,
soffia da sopra le cose
che vogliono andarsene
come non dette